L’équipe One Way Ticket
Entrée en vigueur en janvier 2023, la loi sur les startups (Ley 28/2022) a offert à l’Espagne la voie d’immigration la plus prisée de ces dernières années : le visa nomade digital (visado de teletrabajo). La formule est simple : un emploi à distance pour une société étrangère, des revenus justifiés, et vous obtenez un titre de séjour de trois ans pour vous et toute votre famille. En prime, le régime fiscal Beckham, avec un taux forfaitaire de 24 % au lieu d’un barème progressif allant jusqu’à 47 %.
Qui peut prétendre au visa nomade digital ?
- •Travail à distance pour une entreprise ou des clients établis hors d’Espagne
- •Relation avec l’employeur ou les clients d’au moins 3 mois, et société en activité depuis 1 an au minimum
- •Pas plus de 20 % des revenus provenant d’entreprises espagnoles
- •Diplôme de l’enseignement supérieur ou au moins 3 ans d’expérience professionnelle justifiée dans le domaine
- •Extrait de casier judiciaire vierge et assurance santé privée
- •Sécurité sociale : certificat A1 pour les salariés de pays liés par une convention, ou inscription comme autónomo (travailleur indépendant) pour les freelances
Revenus : combien faut-il gagner en 2025 ?
Le seuil est indexé sur le salaire minimum espagnol (SMI) et correspond à 200 % de celui-ci. En 2025, le SMI a été porté à 1 184 € par mois sur 14 versements : le demandeur principal doit donc justifier d’environ 2 763 € par mois, soit près de 33 150 € par an. Les revenus se prouvent par le contrat, les factures, les relevés bancaires et les bulletins de salaire (payslips) des derniers mois.
- •Demandeur principal : 200 % du SMI, soit environ 2 763 €/mois
- •Conjoint ou partenaire : +75 % du SMI, soit environ 1 036 €/mois
- •Chaque enfant : +25 % du SMI, soit environ 345 €/mois
- •Famille de trois personnes : environ 4 145 €/mois de revenus justifiés au total
Où déposer sa demande : consulat ou UGE ?
Deux voies sont possibles. La première : un visa demandé au consulat de votre pays de résidence, délivré pour 1 an puis converti en titre de séjour. La seconde : une demande déposée depuis l’Espagne, à condition d’y séjourner régulièrement (par exemple en exemption de visa pour certains passeports ou avec un visa Schengen). Le dossier est alors transmis en ligne à l’Unidad de Grandes Empresas (UGE-CE), qui doit statuer sous 20 jours ouvrés ; à défaut, le silence de l’administration vaut acceptation (silencio positivo). Dans ce second cas, vous recevez d’emblée une carte de trois ans, renouvelable pour 2 ans supplémentaires. Au bout de 5 ans : la résidence permanente.
💡 Déposer sa demande depuis l’Espagne est presque toujours plus avantageux : au lieu d’un visa d’un an, vous obtenez directement un titre de séjour de trois ans, les documents se déposent en ligne et votre famille peut être incluse dans la même demande.
Fiscalité : le régime Beckham et son taux forfaitaire de 24 %
Le régime spécial des impatriés (régimen especial de impatriados, article 93 de la loi sur l’impôt sur le revenu des personnes physiques) a été conçu à l’origine pour le footballeur David Beckham ; la loi sur les startups l’a étendu aux salariés en télétravail. Le principe : les revenus d’activité jusqu’à 600 000 € par an sont imposés au taux forfaitaire de 24 % (47 % au-delà), l’année de l’installation puis les cinq années suivantes. L’option s’exerce au moyen du formulaire Modelo 149 dans les 6 mois suivant l’affiliation à la sécurité sociale espagnole : passé ce délai, le bénéfice du régime est définitivement perdu.
- •Taux forfaitaire de 24 % sur les revenus d’activité jusqu’à 600 000 € par an, contre un barème progressif allant jusqu’à 47 %
- •La plupart des revenus de source étrangère (dividendes, intérêts, plus-values hors d’Espagne) échappent à l’impôt espagnol
- •Pas de déclaration des avoirs à l’étranger Modelo 720
- •Impôt sur la fortune limité aux seuls actifs situés en Espagne
- •Déclaration annuelle sur un formulaire dédié, le Modelo 151
Qui ne peut pas bénéficier du régime Beckham ?
Principale restriction : les freelances autónomos en sont en règle générale exclus. Il faut un contrat de travail avec un employeur étranger qui vous emploie à distance, ou un statut d’entrepreneur porteur d’un projet innovant. Seconde condition : ne pas avoir été résident fiscal espagnol au cours des 5 dernières années. Les prestataires exerçant en entreprise individuelle ont donc souvent intérêt à opter pour le régime de droit commun avec déductions : faites vos calculs avant l’installation, pas après.
« Le visa nomade digital répond à la question « comment vivre légalement en Espagne », le régime Beckham à la question « combien cela va-t-il coûter ». Ceux qui s’en sortent le mieux traitent les deux en même temps. »