L’équipe One Way Ticket
Quand on parle de « second passeport », on imagine souvent les programmes caribéens à 200 000 $ et plus. Pourtant, la plupart des secondes nationalités dans le monde s’obtiennent gratuitement — par le sang, par le mariage ou au terme d’années de résidence dans un pays. Ces voies sont plus lentes que l’investissement, mais elles n’exigent aucun capital et résistent généralement mieux aux aléas politiques : une nationalité par filiation est presque impossible à « annuler ». Voici quatre voies qui fonctionnent en 2025.
Voie 1. La nationalité par filiation : un passeport que vous possédez peut-être déjà
Des dizaines de pays reconnaissent la nationalité par le droit du sang sur plusieurs générations. Si certains de vos ancêtres venaient d’Europe de l’Est ou du Sud, commencez par les archives : il ne s’agit peut-être pas d’« obtenir » une nationalité, mais simplement de la faire reconnaître.
- •Pologne : confirmation de la nationalité d’un ancêtre ayant émigré après 1920 ; alternative — la Karta Polaka (Carte du Polonais), avec naturalisation accélérée en 1 an
- •Roumanie : réintégration dans la nationalité pour les descendants d’habitants de Bessarabie et de Bucovine du Nord (1918–1940) — jusqu’aux arrière-petits-enfants inclus
- •Irlande : nationalité par un grand-parent né sur l’île d’Irlande — inscription au Foreign Births Register (registre des naissances à l’étranger)
- •Italie : depuis 2025 (décret-loi 36/2025, loi 74/2025), la nationalité par filiation n’est en règle générale reconnue que si un parent ou un grand-parent possédait exclusivement la nationalité italienne ; la plupart des demandes fondées sur un arrière-grand-parent ne sont plus possibles
- •Allemagne : § 15 StAG — réintégration dans la nationalité pour les descendants des personnes qui en ont été déchues entre 1933 et 1945
- •Israël : la loi du retour — pour les Juifs, leurs enfants et petits-enfants, avec alya (immigration en Israël) et passeport dans l’année
Voie 2. La naturalisation accélérée : des pays où l’on attend 2 à 4 ans, et non 10
Dans le monde, la naturalisation prend en moyenne 5 à 10 ans. Mais certaines juridictions rendent le passeport accessible bien plus vite, légalement et sans investissement — à condition de réellement vivre sur place.
- •Argentine : 2 ans de résidence continue — l’un des délais les plus courts au monde ; un passeport qui ouvre plus de 170 pays sans visa
- •Pérou : 2 ans de résidence légale + un examen d’espagnol et de culture générale
- •Paraguay : 3 ans de résidence permanente ; des exigences de présence souples en font une option « de secours » très prisée
- •Brésil : 4 ans, mais seulement 1 an en cas de mariage avec un ressortissant brésilien ou si vous avez un enfant brésilien
- •Canada : 3 ans sur les 5 dernières années — le délai le plus court parmi les pays anglophones développés
- •Espagne : seulement 2 ans — pour les ressortissants des pays ibéro-américains, des Philippines, d’Andorre et du Portugal
Voie 3. Le mariage : des délais courts, mais un contrôle bien réel
Le mariage avec un ressortissant raccourcit presque partout le chemin vers le passeport. Les records : le Brésil — 1 an de résidence ; le Portugal — 3 ans de mariage, sans obligation formelle de vivre au Portugal (il faut toutefois prouver un lien effectif avec la communauté). En Espagne, 1 an de résidence légale en tant que conjoint suffit. Attention cependant : les services d’immigration vérifient la sincérité du mariage avec une grande rigueur, jusqu’à organiser des entretiens séparés pour savoir de quel côté du lit dort votre conjoint.
Voie 4. Les lois spéciales : des fenêtres qui se referment
- •Espagne, « loi des petits-enfants » (loi sur la mémoire démocratique) : le délai de dépôt a expiré le 22 octobre 2025 et ne sera pas prolongé — les dossiers déposés à temps sont bien instruits, et les petits-enfants d’Espagnols peuvent être naturalisés après 1 an de résidence en Espagne
- •Portugal : la voie ouverte aux descendants de Juifs séfarades a été supprimée par la loi organique 1/2026 à compter du 19 mai 2026 — les demandes déposées avant cette date sont examinées selon les anciennes règles
- •Arménie : les Arméniens de souche obtiennent la nationalité sans condition de durée de résidence
- •Grèce : nationalité selon une procédure simplifiée pour les Grecs de souche (omogeneis)
💡 Avant de vous lancer, vérifiez la législation de votre premier pays. Le Kazakhstan, la Chine, l’Inde et le Japon interdisent la double nationalité : l’acquisition d’un second passeport entraîne automatiquement la perte du premier. La Russie autorise une seconde nationalité, mais impose d’en informer le ministère de l’Intérieur (MVD) dans un délai de 60 jours.
« Le passeport par investissement achète du temps. Le passeport par filiation vous rend votre histoire — pour le prix de quelques certificats d’archives et d’un droit de timbre. »
La première étape est un audit généalogique : en 2 à 3 semaines, il est possible de déterminer si votre famille détient une nationalité « dormante ». Si ce n’est pas le cas, nous calculons les délais de naturalisation dans les pays où vous êtes réellement prêt à vivre. Dans les deux cas, la dépense est inférieure de deux ordres de grandeur à celle de n’importe quel programme d’investissement.