L’équipe One Way Ticket
Presque tous les pays accueillent le conjoint et les enfants mineurs — c’est le cœur même du droit à une vie familiale. Pour les parents, il en va tout autrement : la plupart des États ne les considèrent pas comme de la « famille », mais comme une charge potentielle pour leur système de santé et leur protection sociale. Des voies praticables existent pourtant dans chacune des trois grandes destinations : États-Unis, Canada et Union européenne. Nous les passons en revue, de la plus réaliste à la plus incertaine.
États-Unis : la carte verte IR-5, la voie la plus directe
Si vous êtes citoyen américain et âgé d’au moins 21 ans, vos parents relèvent de la catégorie des immediate relatives (proches parents de citoyens) : ni quotas annuels, ni files d’attente de plusieurs années. La procédure dure en moyenne 12 à 18 mois. Cette voie est en revanche fermée aux titulaires d’une carte verte : seul un citoyen peut parrainer ses parents.
- •Pétition I-130 : 675 $ sur papier ou 625 $ en ligne — un dossier distinct pour chaque parent
- •Traitement consulaire : formulaire DS-260 (325 $) + visite médicale auprès d’un médecin agréé
- •Affidavit of Support I-864 (engagement de prise en charge) : revenus du parrain d’au moins 125 % du seuil fédéral de pauvreté selon la taille du foyer
- •Si le parent se trouve déjà aux États-Unis avec un visa, un changement de statut via le formulaire I-485 est possible sans quitter le territoire
- •Vos parents pourront demander la naturalisation après 5 ans de résidence permanente
Canada : la loterie du PGP et le plan B de la Super Visa
Le Parents and Grandparents Program (PGP, Programme des parents et des grands-parents) accorde aux parents une résidence permanente à part entière, mais y accéder relève du parcours du combattant : en 2025, IRCC n’accepte que 10 000 demandes, et les invitations ne sont envoyées qu’aux personnes ayant rempli le formulaire d’intérêt dès 2020. Le parrain doit justifier de revenus supérieurs au revenu vital minimum (MNI + 30 %) pendant trois années d’imposition consécutives.
L’outil réellement opérationnel reste donc la Super Visa : un visa à entrées multiples valable jusqu’à 10 ans, qui permet aux parents de séjourner au Canada jusqu’à 5 ans par entrée, avec une prolongation possible de 2 ans. Il faut une lettre d’invitation de l’enfant, la preuve de ses revenus et une assurance médicale couvrant au moins 100 000 CAD — qui, depuis 2025, peut aussi être souscrite auprès d’assureurs étrangers agréés, ce qui en réduit sensiblement le coût.
Union européenne : tout dépend du pays et du statut du regroupant
La directive européenne relative au droit au regroupement familial ne garantit la venue que des conjoints et des enfants mineurs. Pour les parents, chaque État décide à sa discrétion — et les écarts sont considérables.
- •Espagne : parents de plus de 65 ans à la charge financière du regroupant ; celui-ci doit avoir résidé 5 ans dans le pays et détenir un titre de séjour de longue durée (larga duración) — avec plusieurs assouplissements introduits par le nouveau règlement de 2025
- •Portugal : l’un des pays les plus souples — il accueille les parents à charge sans condition d’âge stricte, et leur délai de résidence pour la nationalité court dès le premier jour
- •Italie : parents de plus de 65 ans, à condition qu’aucun autre enfant resté dans le pays d’origine ne puisse subvenir à leurs besoins
- •Allemagne : quasiment fermé — uniquement en cas de « rigueur exceptionnelle » (außergewöhnliche Härte), par exemple un besoin de soins impossible à satisfaire dans le pays d’origine
- •France : pas de catégorie dédiée ; la voie réaliste est le visa de long séjour « visiteur », renouvelé année après année, avec justificatifs de ressources et de logement
💡 La stratégie « en deux temps » : lorsque le parrainage direct est impossible, les parents peuvent souvent s’installer grâce à un statut propre — un visa de personne financièrement autonome (NLV espagnol à partir de 28 800 €/an de revenus passifs, D7 portugais à partir de 10 440 €/an). Formellement, ce n’est pas un regroupement familial, mais la famille se retrouve dans le même pays, et au bout de 5 ans les parents disposent de leur propre résidence permanente.
Ce qu’il faut préparer à l’avance — quel que soit le pays
- •Actes de naissance apostillés et traduits par un traducteur assermenté — la preuve n° 1 du lien de parenté
- •Preuves de la dépendance financière : virements réguliers (sur 12 mois minimum), prise en charge des frais médicaux et du logement
- •Une assurance maladie dont la couverture répond aux exigences du pays
- •Un justificatif de logement de surface suffisante — une exigence formelle dans la plupart des pays de l’UE
- •Les documents financiers du parrain : avis d’imposition sur 1 à 3 ans, attestations de revenus
« Faire venir ses parents, c’est un marathon administratif pour prouver une évidence : qu’ils sont votre famille. L’emporte celui qui a commencé à rassembler ses preuves un an avant le dépôt du dossier — pas une semaine avant. »
Le meilleur itinéraire dépend de votre statut, de vos revenus et de l’âge de vos parents. Lors d’une consultation, nous étudions avec vous toutes les options disponibles — du parrainage direct aux stratégies « en deux temps » fondées sur des visas autonomes.